Profanation de l"église de Siran
Pour mémoire de la profanation et vol sacrilège qui a été fait dans la nuit du onze au douze du mois de mars mil sept cens soixante quinze. Observation
Il est rapporté sur les registres de l’année mil six cent sept que le huitième jour du mois de février de ladµ. année qu’on vola dans l’église de Siran un reliquaire avec les reliques, le ciboire, le saint sacrement ayant été laissé sur l’auteil, plus une petite croix d’argent qui était dans la sacristie, un surplis, une ganache et trois nappe.
J’ay appris que du temps de monsieur Raymond Mandeville mon prédécesseur on enfonça dans la nuit la porte de l’église, on vola plusieurs nappes, on enfonça les troncs et qu’on enleva tout l’argent qui y étoit renfermé. Depuis que je suis curé de la présente paroisse, on a volé dans notre église plusieurs nappes d’auteil, plus, plusieurs fois l’argent des troncs sans faire aucune fraction, on a volé de tapis d’auteil, les effets et l’argent qui s’est trouvé dans l’armoire de la chapelle de Notre Dame du Rosaire après avoir enfoncé lad armoire.
Mais ce qui est arrivé dans la nuit du onze au douze du mois de mars de cette année mil sept cents soixante et quinze sur passe tout ce qu’on peut dire du passé. Car cette nuit qu’on a démoli la muraille de la chapelle où sont les fonds baptismaux pour faire une ouverture par laquelle on est entré dans l’église, on y a enfoncé le tronc du Saint Sacrement, on a emporté l’argent qui y étoit renfermé, de là on est allé au tabernacle, on a essayé de l’ouvrir par devant, mais cela a paru trop difficile, on est allé par derrière, on a brisé la charpente qui le ferme, on a emporté l’ostensoir et le ciboire d’argent qui y étoient et dans lequel étoit la réserve y ayant environ quinze hosties consacrées. Aujourd’hui dimanche au matin nous nous sommes aperçus de cet attentat sacrilège en conséquence pour inspirer l’horreur qu’il doit produire dans la paroisse, j’ay transporté le service de paroisse dans la chapelle des Pénitents du présent lieu et j’ay écrit à Mr le vicaire général à St Pons, Mgr l ’évêque étant absent pour l’informer de tout ça. Il m’a répondu que j’avois très bien fait de transporter le service et m’a prié de le continuer dans la chapelle des pénitents jusqu’à ce que Mgr l’évêque étant arrivé et informé de tout ordonne ce qu’il conviendra faire dans une pareille circonstance. écrit par nous recteur de la paroisse de Siran, soussignés, le 18 mars 1775. Mandeville recteur.
Siran - EDT GG5(AD 34 en ligne 5MI 21/18) pp. 278 et 279/296







