Nous avions terminé notre deuxième article dans l'aile latérale du Grand Palais où le stand de Décauville nous a rappelé le système de chemin de fer de cette marque à Cabrespine et à Caunes-Minervois.
Depuis Décauville, nous nous dirigeons vers l'enseigne Peugeot, comme le montre cette carte postale du dirigeable “Deutsch”. Apparemment, le salon de l'automobile est terminé et la plupart des exposants sont déjà partis. Mais heureusement, il nous reste des photos de certains stands. Jetons-y un coup d'œil dans ce parcours 3.

En 1896, Armand Peugeot se sépare de l'entreprise familiale Les Fils de Peugeot Frères pour fonder la Société des Automobiles Peugeot, mais son cousin Eugène n'y croit pas. Armand expose donc ses automobiles de ce côté du Grand Palais tandis qu'Eugène Peugeot présente ses bi-, tri- et quatrecyclettes de l'autre côté. En 1910, les deux sociétés fusionneront à nouveau.

La photo suivante a été prise du stand de Gardner-Serpollet (à gauche de la statue équestre de Vercingétorix). Il faut consulter la revue La Vie au Grand Air pour voir les stands avoisinants, à savoir ceux de Herald, Fouillaron et, en face, celui de Roch-Brault et Delahaye. Heureusement nous avons encore notre propre photo du stand de Renault Frères.
Léon Serpollet croit fermement au moteur à vapeur et envisage de battre bientôt le record du monde de vitesse détenu par le Belge Camille Jenatzy depuis deux ans et demi. Chez nous en Minervois anno 1901, on ne peut de toute façon pas aller plus vite que 30 km/h et en agglomération pas plus que 20 km/h. Et selon certains maires, même cela est trop rapide et les voitures devraient rouler au pas, comme les chevaux.

Sur l'allée du côté est du Grand Palais, De Dion-Bouton dispose d'un stand double. À l'époque, De Dion-Bouton est le plus grand fabricant d'automobiles du monde et aussi fournisseur de moteurs pour plus de cinquante marques. La marque est également représentée sur le stand de la Maison Outhenin-Chalandre, qui crée des carrosseries de luxe sur base de châssis De Dion-Bouton et Panhard & Levassor.

Nous retournons à la première moitié du salon pour visiter deux stands de De Dietrich: l'un avec des voitures particulières, l'autre avec un omnibus et un camion. Un camion similaire est visible sur un panneau à Villeneuve-Minervois; mais il s'avère que cette photo a été prise dans le Beaujolais !

Un peu plus loin se trouve le stand des Etablissements Hautier avec en arrière-plan, à gauche, l'enseigne de Jenatzy. Le 29 avril 1899, Camille Jenatzy a atteint la vitesse de 106 km/h avec sa Jamais Contente électrique et détient depuis le record du monde de vitesse terrestre.
Le 13 avril 1902, Jenatzy sera détrôné par Léon Serpollet (121 km/h avec sa voiture à vapeur L'œuf de Pâque. Ce record tiendra quelques mois avant d'être dépassé début août 1902 par une voiture Mors type Z. C'est cette même voiture à moteur à explosion qui est présentée sur le stand de Mors et qui a permis de remporter la victoire lors de la course Paris-Berlin.
Telles courses nécessitent des vêtements spéciaux de Ström, que l'on peut également trouver dans ce salon.
Un incroyable embouteillage à Paris

Si vous souhaitez en savoir plus sur la technologie des voitures de l'époque, les liens suivants offrent un excellent aperçu: 1. voitures à moteur explosif et 2. moteur explosif suite 3. voitures à vapeur 4. voitures électriques et mixtes